Mains heureuses

Les gestes premiers viennent rencontrer la matière, ils s'inscrivent dans une histoire lointaine, puisent leur source dans des essences brutes, répètent les mouvements hérités.
13 rue Saintonge, Paris 3e. 
Février 2024

La puissance des œuvres est donnée par les jeux de volumes que le sculpteur s’amuse à dévoiler, muscles saillants, ou bien courbes futuristes, les lignes de ses objets rendent leur part autant à la lumière qu’à l’ombre.

La civilisation est dans la nature : nos ego jouent sur le terrain de l’inconscient, l’histoire a lieu à l’holocène, la culture humaine est enracinée dans le primitif et le paléolithique, notre corps est un corps de mammifère vertébré, et nos âmes sont, là-dehors, dans l’espace sauvage.
L'univers de Sophie Vaidie navigue entre figures familières et tout un vocabulaire de formes qui semble venu d'ailleurs. Elle recherche sans cesse de nouvelles structures et de nouvelles matières qu'elle expérimente : four au feu de bois, terre glanées, émaux à la cendre... Des pièces uniques ou de petites séries, le tout emprunt d'une poésie sincère.
Les pièces présentées empruntent un vocabulaire architectural primitif et graphique, répétant, interrompant des successions de formes géométriques.
Ses formes jouent de la frontière ténue entre fonction et décoration, déploient des horizons, entre formes familières, archéologiques, empruntant des accents orientaux, rétro-futuristes, comme les vestiges d'une civilisation dont les artefacts referaient surface.